Besançon: première ville verte de France

Chaufferie bois sur réseau de chaleur de la Planoise à Besançon

Chaufferie bois sur réseau de chaleur de la Planoise à Besançon (c) Ville de Besançon

Publié par Yannick Régnier le 14/06/2013

La ville de Besançon (117 000 habitants) est située dans l'Est de la France, dans la région Franche-Comté, au coeur de la métropole Rhin-Rhône. Considérée comme la première ville verte de France, Besançon est reconnue pour sa qualité de vie et son patrimoine historique et culturel: la ville est entrée sur la liste du Patrimoine Mondial de l'Unesco en 2008.

Implication politique des représentants de la ville

La Ville de Besançon est active dans le champ des énergies durables depuis 40 ans et a été plusieurs fois récompensée au niveau national pour la gestion de ses bâtiments et de son système de transports en commun. Ces dernières années, Jean-Louis Fousseret, Maire de Besançon, a signé la Convention des Maires (à l’occasion de la première cérémonie européenne en 2009). Précédemment, Besançon avait développé un Agenda 21, puis fut impliquée dans un programme européen pilote, conduisant la ville à devenir parmi les premières collectivités lauréates du label European Energy Award (déployé en France sous l’appellation Cit’ergie). Quelques années plus tard, début 2013, Besançon est même devenue la première collectivité française à recevoir le label EEA Gold.

Une action innovante et résolue sur le patrimoine et les services

Besançon a développé une forte expérience en matière d’énergies renouvelables avec la construction en 2006 d’une chaufferie bois de 7,3 MW sur la Planoise, alimentant un réseau de chaleur desservant 13 000 équivalent foyers. La part du bois sur le réseau dépasse 50%, ce qui permet de bénéficier de taxes réduites. Un plan directeur d’aménagement des réseaux de chaleur des quartiers de la Planoise et des Hauts de Chazal a été publié : il donne les orientations stratégiques à échéance de 2020. En 2012, un appel d’offres a été lancé pour une nouvelle chaufferie bois de 16 MW, premier pas de la concrétisation du plan directeur.

La ville produit aussi de l’électricité photovoltaïque (42 MWh/an) et utilise le biogaz de la station d’épuration des eaux de Port Douvot pour co-générer chaleur et électricité.

La Ville de Besançon s’est doté d’un département dédié aux économies d’énergies et possède désormais en interne les compétences nécessaires à la gestion technique des installations, la maîtrise des consommations d’énergie et le suivi et la négociation des contrats d’énergies.

Une crèche à basse consommation d’énergie, dans le quartier Clairs-Soleils, a été livrée début 2012, une autre à énergie positive en septembre 2012.

En matière d’éclairage public, 2100 ampoules ont été remplacées en 2011 et 1000 de plus l’année suivante.

La démarche la plus innovante de Besançon réside certainement dans la modalité de financement de ses actions (bâtiments, éclairage public, photovoltaïque) à travers des emprunts « économies d’énergie » : les traites annuelles sont couvertes intégralement par les économies d’énergie générées. Par ailleurs, les certificats d’économie d’énergie (CEE) sont collectés par la Ville et utilisés pour financer des actions complémentaires : une moitié pour des actions de sensibilisation à destination des citoyens, l’autre pour alimenter le budget des actions municipales. Un million d’euros a déjà été investi et un total de 4 millions d’euros sera investi sur la période 2012-2014 (dont 2,5 dans les bâtiments).

Structurer les actions menées autour de grands objectifs

Un plan climat-énergie territorial (PCET) a été initié en 2009 et approuvé en 2011, comme une composante à part entière de l’Agenda 21. Des objectifs ambitieux ont été définis (« 3 x 20% »), ainsi que les premières actions nécessaires à leur atteinte. Par exemple, des études comparatives pour l’approvisionnement en énergies (coûts globaux, consommations prévisionnelles et émissions de CO2 sur 20 ans) sont menées de manière systématique avant le lancement de nouveaux programmes d’aménagement. Les possibles impacts sociaux sont considérés non seulement au coût actuel des énergies, mais aussi en tenant compte de leur évolution future. Le Plan Local d’Urbanisme inclut par ailleurs plusieurs mesures pour faciliter les économies d’énergie et le développement des énergies renouvelables.

Concernant la mobilité, la stratégie générale de stationnement prévoit la suppression progressive de toutes les places de parking en centre ville. De nombreuses « zones de rencontre » accordent la priorité aux piétons et aux modes doux.

Des familles actives pour le climat

En coopération avec la Ville allemande de Freiburg in Breisgau, l’opération « familles actives pour le climat » implique 200 familles. Besançon participe aussi à la plateforme « 3x20.org » sur laquelle les acteurs publics et privés peuvent promouvoir les actions qu’ils mènent.

Besançon met par ailleurs à disposition des outils de mesure (wattmètres, caméra thermique, hygromètres, débitmètres) aux habitants. Un appartement témoin (Fontaine Eco) promouvant des mesures simples d’économie d’énergie est visité par des centaines de personnes chaque année.

Articulations territoriales

Le PCET de Besançon est intégralement coordonné (pilotage, objectifs, plan d’actions…) avec celui de la Communauté d’agglomération du Grand Besançon. Le développement du tramway est l’une des actions structurantes de la communauté au niveau de la mobilité, dans laquelle la Ville de Besançon est bien sûr en première ligne. En outre, une coopérative d’auto partage a été créée : 10 véhicules sont d’ores et déjà disponibles dans 8 stations du centre ville.

Un observatoire énergie-climat et une agence locale de l’énergie sont actuellement développés au niveau de la communauté.

En tant que fort consommateur de bois sur le territoire et considérant les futurs projets envisagés, Besançon a commencé de travailler avec les acteurs locaux de la filière bois pour sécuriser un approvisionnement durable en bois-énergie dans le temps.